Le Brexit prend les allures d’un cauchemar redouté pour l’Union Européenne. En effet, Londres a rejeté les accords de Bruxelles, ce qui, pour le moment, laisse entrevoir une sortie brutale de l’Union. Même si la chancelière allemande et quelques autres continuent d’y croire, du côté de la France on se prépare pour encaisser le choc de plein fouet.

La France avait anticipé

La France semble avoir pris les devants bien avant que la mauvaise nouvelle ne soit annoncée. Ce jeudi, les ministères concernés par les conséquences du Brexit ont été réunis, non seulement pour envisager les effets, mais aussi pour trouver quelques solutions afin d’éviter le pire des scenarios. Cette réunion avait déjà été initiée bien avant le refus de Londres de prendre en compte les accords de Bruxelles obtenus par Theresa May. Il s’agit aussi pour le premier ministre d’accélérer le processus, puisque la date du 29 mars approche à grand pas.

Cela dit, Nathalie Loiseau, la ministre française des Affaires européennes, a fait savoir qu’il restait quand même une possibilité pour continuer les négociations dans l’espoir d’aboutir à un accord. Cela consistera en ce que ce soit la Grande Bretagne elle-même qui demande un délai supplémentaire. Une disposition légale certes, mais sur laquelle il ne faudra pas vraiment compter. Depuis le refus de l’accord il y a quelques jour, Londres n’a jusqu’ici manifesté aucun besoin de reprendre les pourparlers. En outre, Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères, estime qu’un délai supplémentaire serait une perte de temps si la proposition ne remporte pas la majorité absolue au parlement britannique.

Un Brexit avec des effets redoutés

La première conséquence directe du Brexit si aucun accord n’est trouvé, c’est que la libre circulation des biens et des personnes ne sera plus en vigueur entre la Grande-Bretagne et les pays membre de l’UE. Ce qui, pour beaucoup de Français et quelques Britanniques, pourrait avoir des conséquences fâcheuses. En effet, ce sont 300 000 Français qui exercent leur métier chez les Britanniques. En face, ce sont 150 000 Anglais qui sont présents en France et y vivent.

En plus, on estime le nombre d’entreprises françaises installées en Grande-Bretagne à 3 000 au moins, tandis que plus de 30 000 entreprises françaises écoulent leurs produits sur le marché anglais. Cela signifie que pour les sociétés qui sont dans ce cas de figure, c’est une catastrophe financière et de nouvelles tracasseries douanières qui se peaufinent à l’horizon. Il est certain qu’avec le temps elles finiront par s’adapter, mais entre-temps la saignée sera inévitable.