Carlos Ghosn

Détenu au Japon depuis le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn devra continuer son séjour en prison pour quelques semaines, voire pour quelques mois encore. En effet, ses avocats ont déposé auprès du juge une demande de mise en libération sous caution, mais elle a été rejetée par le tribunal pour diverses raisons.

Les raisons avancées par la justice nippone

Le parquet de Tokyo, qui avait déjà inculpé le PDG de Renault le 11 janvier dernier, estime qu’il y a un risque de destruction des preuves si l’intéressé était à nouveau libre de ses mouvements. Par ailleurs, deux nouveaux chefs d’accusation ont été retenus contre sa personne : l’abus de confiance et la minoration de ses revenus dans les rapports boursiers de Nissan sur la période allant de 2015 à 2018.

Le premier chef d’accusation est le plus grave, mais ses avocats peuvent décider de faire à nouveau appel de la décision du juge. Toutefois, s’ils sont déboutés par le deuxième juge, leur client devra séjourner en prison tout au moins jusqu’au 10 mars. Sa détention pourrait même être prolongée d’une période reconductible de 30 jours suite à une demande du procureur.

Des conditions de détention légèrement assouplies

C’était uniquement par l’intermédiaire de ses avocats japonais que son fils et les autres membres de sa famille avaient de ses nouvelles depuis sa détention en novembre 2018. Mais suite à l’audience de ce vendredi, Carlos Ghosn a été autorisé à recevoir les visites de sa famille, de ses avocats d’une autre nationalité, du personnel consulaire de ses trois nationalités (France, Brésil, Liban). Cette audience était également une première occasion pour Carlos Ghosn d’exprimer sa vision des faits qui lui sont reprochés. L’homme, menotté jusqu’aux portes de sa salle d’audience et fortement amaigri, a nié en bloc pendant les dix minutes qui lui ont été accordées toutes les allégations qui sont portées à son égard.

Cela fait donc trois mises en examen en 3 mois et ce n’est peut-être pas terminé. Selon la presse japonaise, l’entreprise Nissan risque également de porter plainte contre son ancien directeur. C’est donc un long feuilleton judiciaire qui est lancé pour Carlos Ghosn. L’ex-patron de Nissan, qui clame toujours son innocence, n’en a pas encore fini avec la justice nippone. Selon son avocat, il pourrait rester en détention jusqu’à la tenue de son procès dans plusieurs mois. S’il est reconnu coupable, il encourt jusqu’à 15 ans de prison.