Cela fait près de 18 mois que la Première ministre Britannique négocie avec les autres pays de l’Europe les conditions pour le retrait de la Grande-Bretagne de la zone Euro. Parvenu à un accord récemment, Theresa May devait passer devant les membres du parlement pour essayer de faire adopter les différentes mesures qui ont été convenues. Plusieurs voix annonçaient un scénario de refus depuis quelques jours. Mais les choses ont été bien plus graves…

432 voix contre et 202 pour

À moins de 3 mois de la date butoir de la sortie des Britanniques de la zone Euro, c’est une lourde défaite qu’a connue l’accord obtenu par la Première ministre conservatrice du pays. À plus de 75%, les parlementaires ont estimé que les clauses de ce « Traité de retrait » de l’UE ne sont pas avantageuses pour leur pays. Le « Non » provenait aussi bien des partisans du Brexit que des europhiles. Même si personne ne s’attendait vraiment à un « Oui », c’est l’ampleur du rejet qui est totalement surprenant. Mais d’un autre côté, cette issue montre les profondes divisions qui existent dans le pays à propos de cette sortie de la zone Euro. Les élus politiques ont du mal à se décider entre un « divorce » total et un maintien de liens étroits.

Deux suites possibles

Après cet échec cuisant devant le parlement britannique, Theresa May a jusqu’à lundi pour concevoir un nouveau plan de sortie. Elle peut entamer de nouveaux pourparlers avec les autres pays de l’Europe pour essayer de tenir dans le calendrier précédemment fixé ou demander un report pur et simple de la sortie officielle du pays. D’un autre côté, ce deuxième scénario pourrait donner lieu à un nouveau référendum dont l’idée est portée par les europhiles qui pensent qu’il pourrait inverser le résultat du référendum de juin 2016. La Première ministre Britannique s’oppose pour le moment à cette probabilité.

Des enjeux importants

La grande crainte est de voir un Brexit se faire sans un accord préalable. Cela pourrait avoir des conséquences importantes aussi bien pour le pays que pour ses anciens alliés. Theresa May n’a pas manqué de rappeler cet enjeu pendant son adresse aux parlementaires. Pourtant, elle n’a pas obtenu son vote « historique ». Jean-Claude Juncker appelle par ailleurs « Le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible ». Des voix s’élèvent également du côté des acteurs de la Bourse de Londres et des lobbys économiques, à l’instar de l’Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT) pour mettre en garde contre les retombés néfastes que pourrait engendrer cette situation peu confortable.

Dans tous les cas, Theresa May se retrouve en difficulté entre les différentes parties. Elle engagera sûrement de nouvelles discussions avec ses collègues européens, mais elle dispose d’une marge de manœuvre très faible. Les dirigeants européens sont entre autres contre la mise en place d’un filet de sécurité aux frontières avec l’Irlande qui entraînerait l’indépendance douanière du pays. Déterminée à aller jusqu’à la concrétisation de la volonté de départ des Britanniques de l’UE, elle exclut toute possibilité de démission.